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L'union de fait et les enfants: qu'arrive-t-il
en cas de rupture?
Denis Lapierre,
avocat, Geraghty, Lapierre et associés, St-Jérôme
Avec la collaboration de Me Marie-Andrée Miquelon.
Tiré de Concubinage : votre couple et la loi,
Montréal, Wilson & Lafleur, 1995
Texte résumé et mis à jour par Daphnée
Vézina, avocate.
Contenu
INTRODUCTION
1. QUI AURA LA GARDE
DES ENFANTS ?
a) Vous
êtes d'accord au sujet de la garde des enfants
- Comment
devez-vous procéder pour faire approuver votre entente
par la cour ?
- Qu'est-ce qu'une
requête ?
b) Vous
n'êtes pas d'accord au sujet de la garde des enfants
c) Quels
critères le juge examine-t-il pour attribuer la garde
des enfants ?
- Est-il
vrai que la mère obtient généralement la
garde des enfants ?
- Qu'en
est-il de la garde partagée ?
d) Quels
sont les droits du parent non gardien ?
e) Le
parent non gardien perd-il son autorité parentale ?
f) Le
mode de garde est-il définitif ?
- Quels
sont les motifs qui permettent d'obtenir un changement de garde
?
- Quels
sont les motifs qui permettent d'obtenir un changement des droits
d'accès ?
2- LA PENSION ALIMENTAIRE
a) Pouvez-vous
être tenu de verser une pension alimentaire pour vos enfants
?
- Comment
le juge fixe-t-il le montant de la pension ?
b) Quelles
sont les modalités de paiement de la pension alimentaire
? Que se passe-t-il si la pension alimentaire n'est pas versée
?
c) La
pension alimentaire peut-elle être modifiée ?
d) Jusqu'à
quel âge votre enfant peut-il recevoir une pension alimentaire
?
CONCLUSION
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INTRODUCTION
Lorsque vous cessez de faire vie commune, les décisions
à prendre à propos des enfants concernent habituellement
la garde, les droits d'accès et la pension alimentaire
qui sera versée pour leur entretien.
Les enfants ont en général tous les mêmes
droits, peu importe la situation de leurs parents (art. 522
du Code civil du Québec, ci-après C.c.Q.).
Si vous avez choisi de ne pas être soumis à certaines
lois en décidant de vivre en union libre, vos enfants
ne sont pas affectés par ce choix et ont les mêmes
droits que ceux nés de parents mariés.
Les parents vivant en union libre ont les mêmes droits
et obligations envers leurs enfants que les parents mariés.
Ils ont une obligation alimentaire envers leurs enfants (art.
585 et suivants C.c.Q.). Ils ont des droits et obligations
quant à la garde, l'entretien, la nourriture, l'éducation
ainsi que la surveillance des enfants (art. 599 C.c.Q.). Ils
exercent ensemble l'autorité parentale (art. 600 C.c.Q.).
En cas de rupture, ces droits et obligations subsistent. Dans
la plupart des cas, les ex-conjoints parviennent à
une entente concernant les enfants. Cette issue est nettement
préférable pour la stabilité des enfants
et contribue à réduire la durée et les
coûts des procédures judiciaires. Malheureusement,
certains couples ne peuvent parvenir à s'entendre.
Dans tous ces cas, il est important d'être bien informé
sur les démarches à entreprendre sur le plan
juridique afin de faire respecter vos droits tout en privilégiant
ceux de vos enfants.
1. Qui aura la
garde des enfants ?
Le principe fondamental à retenir est que toute
décision concernant un enfant doit être prise
uniquement dans son intérêt, et non dans celui
de ses parents (art. 33 C.c.Q.).
a)
Vous êtes d'accord au sujet de la garde des enfants
Il s'agit là de l'attitude idéale, ne serait-ce
que pour le bien-être de l'enfant. Par ailleurs, une
entente sera souvent plus souple qu'un jugement du tribunal,
puisque vous et votre ex-conjoint êtes les mieux placés
pour connaître votre situation et vos besoins respectifs.
Tant que vous respectez l'ordre public, vous pouvez mettre
toutes sortes de conditions particulières dans votre
entente.
-
Comment devez-vous procéder pour faire approuver votre
entente par la cour ?
Vous devez procéder par requête pour garde
d'enfant. Cette requête peut être également
accompagnée d'une requête pour pension alimentaire
et/ou d'une requête pour droit d'accès. Ces requêtes
peuvent être présentées séparément
ou ensemble.
La requête pour garde d'enfants doit être accompagnée
de l'entente dûment signée par votre conjoint
et vous-même. Vous devez demander au juge de l'entériner,
soit de l'approuver judiciairement. Si l'entente survient
en cours d'instance, il vous suffira de déposer la
convention écrite à la cour le jour de l'audience
pour que le juge puisse l'entériner.
- Qu'est-ce
qu'une requête ?
La requête est une procédure sommaire généralement
entendue et jugée en moins d'un mois. Si c'est vous
qui en avez l'initiative, vous devez la faire signifier, par
huissier, à votre ex-conjoint. Vous devez y joindre
une déclaration sous serment (affidavit) dans laquelle
vous attestez que les faits allégués dans votre
requête sont vrais. Celle-ci doit également être
accompagnée d'un avis indiquant la date et le lieu
où elle sera présentée devant le tribunal.
b)
Vous n'êtes pas d'accord au sujet de la garde des enfants
Dans ce cas, vous devez procéder également
par requête pour garde d'enfants, avec les mêmes
modalités qu'énoncées précédemment.
Dans le cadre de toute demande mettant en jeu l'intérêt
des enfants, lorsqu'il existe un différend entre les
parties relativement à la garde ou à la pension
alimentaire, votre ex-conjoint et vous devez participer à
une séance d'information sur la médiation familiale
avant d'être entendus par le tribunal.
(Pour plus de renseignements au sujet de la médiation
familiale, vous pouvez consulter l'article du Barreau du Québec
intitulé "La médiation
familiale : pour en arriver à une entente"
disponible sur ce site)
c)
Quels critères le juge examine-t-il pour attribuer
la garde des enfants ?
Le juge devra déterminer lequel des deux parents
est le plus apte à garder l'enfant, à la lumière
de la preuve exposée et toujours en fonction de l'intérêt
de l'enfant.
Si vous voulez obtenir la garde de vos enfants, vous devez
dans votre requête alléguer tous les faits qui
soutiennent votre demande. Vous devez notamment exposer votre
situation et celle de votre conjoint, préciser la durée
de la cohabitation, les dates de naissance de vos enfants
ainsi que tout autre fait pertinent. Vous devez également
énoncer les raisons pour lesquelles vous croyez que
vos enfants ont intérêt à demeurer avec
vous plutôt qu'avec votre ex-conjoint.
De multiples critères peuvent être évoqués,
notamment les talents d'éducateur, le fait de s'être
plus ou moins occupé de l'enfant durant les premières
années de sa vie, la possibilité de lui offrir
un milieu de vie stable, la disponibilité, le fait
que le logement soit adéquat, la volonté d'un
parent de favoriser les contacts avec la famille de l'autre
parent, etc.
Attention! La conduite des parents n'est pas prise
en considération pour l'attribution de la garde des
enfants, à moins qu'elle n'affecte leur capacité
parentale. Ce n'est pas par exemple parce que votre ex-conjoint
entretient des relations amoureuse occasionnelles avec plusieurs
partenaires qu'il est inapte à obtenir la garde de
votre enfant. Toutefois, si l'enfant est constamment mis en
contact avec de nouveaux partenaires, le juge pourrait décider
que cela est nuisible à l'enfant et en tenir compte
dans sa décision.
Si vous présentez tous deux des aptitudes égales,
le juge fondera sa décision sur d'autres critères
qui lui semblent importants. Parfois, il préférera
laisser la garde de l'enfant à celui qui l'exerce déjà
dans les faits afin d'assurer la continuité. Parfois,
il tiendra compte de l'avis de l'enfant si celui-ci est assez
mature. Le juge n'est toutefois pas lié par son opinion.
Il pourra aussi chercher d'autres circonstances propres à
la cause pour déterminer lequel des deux parents devrait
avoir la garde. Le juge a une très large discrétion
en cette matière, étant donné que l'intérêt
de votre enfant est en jeu.
Dans la mesure où vous êtes tous deux d'accord,
le juge peut se faire aider afin de déterminer où
se trouve l'intérêt de l'enfant, via une expertise
psychosociale (Règles de pratique de la Cour supérieure
en matière familiale, art. 23.1). Un expert du
Centre des services sociaux étudiera alors votre portrait
psychologique ainsi que ceux de votre conjoint et de votre
enfant pour ensuite faire ses recommandations au juge.
-
Est-il vrai que la mère obtient généralement
la garde des enfants ?
Dans beaucoup de cas au Québec, c'est la mère
qui obtient la garde de son enfant. Cette tendance a toutefois
commencé à diminuer avec les années.
On constate que plus l'enfant est jeune, plus la cour a tendance
à attribuer la garde de celui-ci à sa mère.
Mais il ne s'agit que d'une tendance et non d'une règle
de droit. De fait, elle est soumise à de multiples
variations et exceptions.
-
Qu'en est-il de la garde partagée ?
Dans ce genre d'entente, la garde de l'enfant est attribuée
alternativement au père et à la mère.
Certains critères sont nécessaires au succès
de cette mesure. Les juges sont généralement
réticents à l'imposer lorsque la relation des
parents s'est trop détériorée ou si les
parents vivent trop loin l'un de l'autre.
d)
Quels sont les droits du parent non gardien ?
Le parent qui n'a pas la garde de son enfant et qui désire
le voir peut déposer une requête pour droits
d'accès. Les droits d'accès comportent généralement
le droit de visite et le droit de sortie. La requête
peut être présentée en même temps
que la requête pour garde d'enfant ou après qu'un
jugement aura attribué la garde à l'autre parent.
Elle peut être implicitement débattue en même
temps que la requête pour garde d'enfants.
Les critères pour octroyer des droits d'accès
sont notamment l'intérêt du parent non gardien
pour l'enfant, les contacts avec l'enfant par le passé,
la capacité du requérant de s'occuper de son
enfant avant et depuis la séparation, la possibilité
de lui offrir un milieu adéquat et des activités
adaptées à son âge, etc.
Les droits d'accès pourront être plus ou moins
étendus selon les circonstances propres à chaque
cas.
Les droits d'accès du parent non gardien ne sont que
des droits minimaux. Il a le choix de les exercer ou non.
Le parent gardien ne peut restreindre ce droit. Il peut cependant
consentir à des droits plus étendus que ceux
accordés par jugement.
L'obtention et l'exercice des droits de visite et de sortie
ne sont aucunement liés au paiement de la pension alimentaire.
Ces deux éléments sont indépendants.
En cas de non respect des droits d'accès, le parent
gardien peut s'adresser à la cour pour les faire modifier
ou pour faire condamner son ex-conjoint pour outrage au tribunal.
Le parent qui excède de façon importante ses
droits de visite, qui enlève son enfant à celui
qui en a la garde ou qui le retient dans le but de priver
l'autre parent peut faire l'objet d'une plainte pénale
si l'enfant a moins de 14 ans (Code criminel, art.
282 et 283: enlèvement d'un enfant malgré ou
en l'absence d'une ordonnance de garde).
e)
Le parent non gardien perd-il son autorité parentale
?
Le parent non gardien conserve à l'égard
de l'enfant "le droit de surveiller son entretien et son
éducation" et est tenu d'y contribuer (art. 605
C.c.Q.). Le fait qu'il n'ait pas la garde de l'enfant n'implique
pas qu'il soit déchu de son autorité parentale.
Il conserve donc les mêmes droits et responsabilités
que le parent gardien. Il a le droit d'être consulté
pour les décisions importantes concernant l'enfant,
comme le choix de son école ou la décision de
lui faire subir une intervention chirurgicale. En cas de désaccord
avec l'ex-conjoint, vous pouvez vous adresser au tribunal
pour faire trancher le litige.
f)
Le mode de garde est-il définitif ?
Les mesures concernant la garde ou les droits d'accès
ne sont jamais définitives. Il serait contraire à
l'intérêt de l'enfant qu'il ne puisse y avoir
de changements si la situation l'exige.
-
Quels sont les motifs qui permettent d'obtenir un changement
de garde ?
Dans le cadre d'une requête pour changement de
garde, on peut invoquer les motifs suivants: l'incapacité
du parent gardien (que ce soit suite à un accident
ou à une maladie), un changement de garde à
l'amiable, la détérioration du milieu de vie
du parent gardien, le déménagement du parent
gardien dans une autre ville ou quelque autre raison de nature
à affecter les capacités du parent gardien.
Seule une raison sérieuse peut justifier un changement
de garde. La stabilité de l'enfant constituera un critère
prépondérant dans l'évaluation du bien-fondé
de la requête pour changement de garde.
-
Quels sont les motifs qui permettent d'obtenir un changement
des droits d'accès ?
Encore une fois, seul un motif important entraînera
un changement des droits de visite et de sortie. Le parent
non gardien pourra, par exemple, alléguer que son enfant
est rendu à un âge où il a davantage besoin
de lui. Le parent gardien peut également demander un
changement des droits d'accès (généralement
pour les diminuer). Il pourra, par exemple, invoquer le déménagement
du parent non gardien à l'extérieur de la ville.
Les droits d'accès peuvent exceptionnellement être
suspendus ou soumis à certaines conditions. On peut,
par exemple, soumettre les droits d'accès à
une supervision d'une tierce personne. Le tribunal peut n'accorder
que des droits de sortie hors de la résidence du parent
gardien en cas de détérioration des relations
entre les deux parents.
Dans les cas les plus graves, les droits d'accès pourraient
même être annulés. Cette décision
demeure toutefois exceptionnelle, les tribunaux hésitant
à rompre les liens parents-enfants.
2- La pension alimentaire
(Note : vous pouvez également consulter l'article
de Me Sophie Beauchemin, "La
pension alimentaire", disponible sur ce site. Cet
article donne des informations complémentaires à
la section qui suit.)
a)
Pouvez-vous être tenu de verser une pension alimentaire
pour vos enfants ?
Vous ne pouvez ni réclamer ni obtenir une pension
alimentaire pour vous-même, à moins que cela
ne soit prévu dans un contrat d'union libre. Ce privilège
n'appartient qu'aux personnes mariées, et les conjoints
de fait n'y ont aucun droit légal.
En ce qui concerne les enfants, le Code civil du Québec
prévoit que tous les enfants naissent égaux,
les vôtres comme ceux issus d'un mariage ou les enfants
adoptés (art. 522 C.c.Q.). Le parent gardien peut donc
réclamer pour l'enfant une pension alimentaire à
l'autre parent. L'enfant peut également demander une
pension alimentaire pour lui-même à compter de
son 18e anniversaire de naissance, date à laquelle
il peut exercer seuls ses droits civils. Il est possible de
solliciter une pension pour des besoins qui existaient jusqu'à
12 mois avant la demande s'il a été impossible
de le faire plus tôt (art. 595 C.c.Q.).
Les remarques faites ci-haut concernant la médiation
familiale s'appliquent également en cas d'un différend
entre les parties concernant la pension alimentaire des enfants
(art. 814.3 C.p.c.).
La requête ayant trait à la pension alimentaire
expose brièvement la situation des parties. Vous devez
dans votre requête indiquer la date où vous avez
rencontré votre conjoint, la durée de la cohabitation,
la date de la rupture et le fait qu'un enfant est né
de votre union.
Si elle est présentée par l'enfant majeur, celui-ci
doit exposer ses besoins et son manque de ressources ainsi
que les raisons pour lesquelles il demande une pension alimentaire
et justifier le montant demandé.
Le juge déterminera le droit du requérant à
la pension alimentaire et, le cas échéant, le
montant de la pension.
-
Comment le juge fixe-t-il le montant de la pension ?
Au Québec, depuis le 1er mai 1997, le juge fixe
le montant de la pension alimentaire en fonction des critères
prévus dans le Règlement sur la fixation
des pensions alimentaires pour enfants. Les parents doivent
remplir le formulaire de fixation des pensions alimentaires
pour enfants, par lequel ils fourniront de l'information sur
leur revenu disponible ainsi que sur leur temps de garde respectif
des enfants. La contribution alimentaire sera déterminée
à partir des informations fournies ainsi que du nombre
d'enfants. Une table de fixation de la contribution alimentaire
parentale de base est prévue en annexe du Règlement.
Au fédéral, un système de fixation semblable
est prévu. Cependant, seul le revenu du parent payeur
est alors pris en considération. Dans 95% des cas,
c'est le barème établi par le Règlement
sur la fixation des pensions alimentaires pour enfants
qui sera appliqué par le juge.
b)
Quelles sont les modalités de paiement de la pension
alimentaire ? Que se passe-t-il si la pension alimentaire
n'est pas versée ?
La Loi facilitant le paiement des pensions alimentaires,
en vigueur depuis le 1er décembre 1995, établit
un système de retenue à la source de la pension
alimentaire. Celle-ci sera donc perçue par l'employeur
à même le salaire, ou par le gouvernement à
même d'autres types de revenus, par exemple les prestations
de retraite ou d'indemnisation.
Dès le prononcé d'un jugement qui accorde une
pension alimentaire ou qui révise un tel jugement,
le greffier du tribunal notifie au ministre du Revenu du Québec
les renseignements suivants: 1° la date d'exigibilité
et le montant de la pension; 2° le montant des arrérages
de pension, s'il en est; 3° l'indice d'indexation de la
pension prévu au jugement, le cas échéant;
4° tout autre renseignement prévu par règlement.
Le débiteur alimentaire (i.e. le payeur) doit verser
la pension et les arrérages, s'il en est, au ministre
du Revenu au bénéfice du créancier alimentaire.
La pension alimentaire est perçue au moyen d'une retenue
à la source, d'un ordre de paiement ou des deux à
la fois. Sur réception des renseignements transmis
par le greffier, le ministre avise le débiteur du mode
de perception qui lui est applicable. Dans les dix jours de
l'avis, le débiteur peut demander au ministre l'application
d'un autre mode de perception. Le montant retenu pour le paiement
de la pension alimentaire sera versé à un fonds
provincial géré par le ministère du Revenu
et acheminé au bénéficiaire deux fois
par mois.
Si toutefois le débiteur alimentaire fournit une fiducie
garantissant le paiement de la pension, le tribunal peut exempter
un débiteur de l'obligation de verser la pension au
ministre. Il peut y avoir également exemption si les
parties en font conjointement la demande, si le tribunal est
convaincu que leur consentement est libre et éclairé
et si le débiteur fournit une sûreté suffisante
pour garantir le paiement de la pension pendant un mois. Cette
exemption est toutefois réversible, notamment en cas
de non paiement d'un versement de pension du à échéance.
Diverses mesures sont prévues dans la Loi. en
cas de non paiement de la pension alimentaire. Lorsqu'un versement
de pension n'a pas été payé à
l'échéance, le ministre du Revenu peut en outre
inscrire au nom du créancier alimentaire une hypothèque
légale sur un bien du débiteur. Le ministre
peut procéder à toute mesure d'exécution
forcée prévue au Code de procédure
civile et exercer les pouvoirs accordés au créancier
ou encore déposer un certificat au greffe de la Cour
supérieure qui deviendra exécutoire au même
titre qu'un jugement. D'autres mesures administratives lui
sont aussi disponibles. Des pénalités et des
amendes entre 100 $ et 5000 $ sont prévues pour les
contrevenants à la Loi.
c)
La pension alimentaire peut-elle être modifiée
?
Tout comme les ordonnances de garde ou des droits de
visite et de sortie, la pension alimentaire peut être
modifiée si les circonstances le justifient (art. 594
C.c.Q.). Il est en effet possible que les besoins fixées
au départ soient affectés par des événements
subséquents (ex. : accident, maladie, handicap, fin
des études et autonomie de l'enfant). Toute demande
de modification doit être justifiée par un changement
substantiel de la situation du conjoint requérant depuis
le premier jugement. Il faut que le changement en question
ait pour effet de rendre désuet ou inapproprié
le jugement ayant accordé le montant de pension alimentaire
en question.
Par ailleurs, les arrérages de pension alimentaire
(i.e. les versements non payés à l'échéance)
peuvent être annulés, mais seulement jusqu'à
concurrence d'une période maximale de six mois (art.
596 C.c.Q.).
d)
Jusqu'à quel âge votre enfant peut-il recevoir
une pension alimentaire ?
Il n'existe pas de règle précise à
cet égard. En général, les tribunaux
sont d'avis qu'une pension alimentaire est payable au parent
qui a la garde de l'enfant tant que ce dernier n'est pas autonome
financièrement. Un enfant aux études n'est pas
considéré comme étant autonome sur le
plan financier. Le parent payeur devra donc continuer de verser
une pension alimentaire au parent qui en a la garde, que l'enfant
ait atteint ou non l'âge de 18 ans. C'est le caractère
raisonnable qui guidera le juge lorsque viendra le temps de
décider s'il doit mettre fin ou non à la pension
alimentaire.
Si une pension alimentaire ou une modification de la pension
alimentaire est demandée par un enfant majeur, c'est
le jeune lui-même qui doit présenter sa requête
contre le parent ou les parents desquels il compte obtenir
une pension alimentaire.
CONCLUSION
L'union libre peut être un choix de vie permettant
aux conjoints de créer entre eux des rapports égalitaires
et libres des contraintes du mariage. Mais le bien-être
de vos enfants prime en tous temps, même quand rien
ne va plus entre vous. Au moment de la rupture, il serait
idéal de vous entendre sur la garde des enfants, les
droits de visite et de sortie ainsi que sur la pension alimentaire.
Si ce n'est pas possible, ayez l'intérêt de vos
enfants à coeur afin qu'ils ne deviennent pas une monnaie
d'échange et un objet de chantage dans une rupture
houleuse. Être parent, c'est pour la vie! Évitez
à vos enfants des conflits qui ne concernent que votre
vie de couple.
À jour au 31 août 2000
Avis. L'information présentée ici est de nature
générale et est mise à votre disposition
sans garantie aucune notamment au niveau de son exactitude ou
de sa caducité. Cette information ne doit pas être
interprétée comme constituant des conseils juridiques.
Si vous avez besoin de conseils juridiques particuliers, vous
devriez consulter un avocat.
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